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Rencontre avec Natacha, créatrice de Boïja 🌿

Rendez-vous avec Natacha, 30 ans, strasbourgeoise et fondatrice de la marque de sport Boïja. Depuis son salon, elle nous explique comment s’est construite l’aventure Boïja avec les hauts et les bas qu’elle a pu connaître pendant sa première année.

Boïja, c’est quoi ?

C’est une marque de sport éco-conçue et 100% made in France.  L’idée c’était de pouvoir proposer aux sportifs de tout niveau des articles de sports, des vêtements en l’occurrence pour cette première collection, qui répondent à leurs valeurs de respect de l’environnement. On utilise des produits issus de l’économie circulaire pour fabriquer nos vêtements. Et pour certains produits, lorsque cela n’est pas possible, on choisit des matières premières issues de l’agriculture biologique ou « raisonnée ». Concrètement, ça se traduit par des bouteilles de plastique recyclé, des fibres textiles recyclées, du coton bio, du lin, du chanvre…

Qu’est-ce qui t’a poussé à créer Boïja ?

Mon engagement dans le respect de l’environnement. Je suis bénévole chez Alsace Nature et dans des associations de protection animale comme Cat’mon doux. Je fais attention à la façon dont je m’alimente, parce que c’est très important pour moi, pour ma santé, mais aussi pour la planète. Donc je mange bio et français quand c’est possible. Au fur et à mesure, ma réflexion sur la consommation a évolué : dans l’alimentaire, dans les cosmétiques, on arrive plutôt facilement à consommer, à acheter en lien avec nos valeurs, mais dans les vêtements de sport… c’est moins évident. Étant sportive, j’ai été obligée d’acheter des produits de grandes marques qui ne sont pas du tout en lien avec mes valeurs. Du coup, j’avais l’impression de cautionner un peu ce système. En achetant ces grandes marques c’est comme si je disais « ok continuez de fabriquer au Bangladesh, continuez à ne pas respecter l’environnement à l’autre bout du monde ! ». Donc j’ai regardé, j’ai cherché et je me suis dit que si ça n’existait pas, je n’avais qu’à le créer moi-même. Les études de marché m’ont ensuite confirmé qu’il y avait d’autres personnes avec le même besoin, les mêmes envies que moi.

Pourquoi passer par le financement participatif pour lancer Boïja ?

Le financement participatif, c’est complètement en lien avec cette nouvelle façon de consommer : on voit de plus en plus de collaboration, que ce soit dans le covoiturage, le partage d’appartement, de voiture… Ulule a permis d’initier les gens à notre projet. L’aide n’est plus réservée à certaines structures, mais est ouverte à tous ceux qui adhèrent à notre idée. C’est aussi se responsabiliser et se dire : « moi à mon niveau je peux agir et changer les choses. » C’est fondamental, c’est la base. Les gens qui se disent que s’ils jettent un papier à terre, « ce n’est pas grave, c’est que moi », eh bien, non. Toi + toi + toi + toi ça fait énormément de gens qui ne s’engagent pas. Heureusement, dans le sens inverse c’est exactement pareil. Et c’est un peu cet effet qu’on peut retrouver avec le financement participatif.

Quel conseil donnerais-tu à un futur entrepreneur ?

Faut vivre ses rêves ! On n’a qu’une vie. On ne sait pas de quoi demain est fait. Je ne me voyais pas, à même pas 30 ans, m’ennuyer toute ma vie à faire des choses avec lesquelles je n’étais pas en accord, ou qui ne me plaisaient pas. C’est dommage de se mettre trop de freins. Si c’est en nous, si on a envie de le faire… il faut le faire. Il n’y a que ceux qui ne font rien à qui rien n’arrive ! Après, il faut être conscient que monter son entreprise, c’est semé d’embûches. Je dirais même que c’est l’ascenseur émotionnel. Dans une même journée, on va vivre des hauts des bas et va falloir gérer ça. Il faut être suffisamment stressé pour avancer, avoir le goût du travail bien fait et le goût de la satisfaction client… Mais il ne faut pas trop l’être non plus parce qu’autrement on n’en dort plus la nuit et on n’arrive pas à déconnecter. Mais foncez ! A la limite si ça ne marche pas ce n’est pas grave. On se lance au mieux ça marche et tant mieux, au pire ça ne marche pas et bah on fait autre chose et ce n’est pas grave. En tout cas, il ne faut rien lâcher.

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre aventure ?

Ca ne s’arrête jamais et c’est ça qu’on aime ! Je suis hyper polyvalente. Je m’ennuie très rapidement donc j’aime bien quand ça bouge et que ça change, je suis complètement dans mon élément. On fait beaucoup de choses différentes dans une même journée : relations presse, design, marketing digital, logistique… Sinon, le fait d’ajouter sa pierre à l’édifice, ça me plaît vraiment. On peut se dire que, vraiment, ce qu’on fait a du sens. Les retours des clients qui m’encouragent et qui m’en demandent toujours plus, ça aussi c’est gratifiant. Par contre, comme il y a énormément de parties prenantes, dès qu’il y’a une erreur faite par quelqu’un, dès qu’un des acteurs est en retard, la chaîne est en retard et ça c’est hyper frustrant. Je m’attendais à ce que moi je fasse des erreurs, mais que des professionnels en fassent aussi ça je ne l’avais pas forcément anticipé. Malheureusement, ça arrive à tous les niveaux, petite ou grande entreprise, récente ou plus ancienne… Si je devais donner un dernier conseil ça serait d’être plus vigilant dans le choix de ses partenaires et de ne pas négliger le réseau, même s’il s’est développé assez naturellement dans mon cas.

 

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