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Rencontre avec Alexis, cofondateur d’Aztek 🍉

Alexis et son meilleur ami Antoine adorent la pastèque. Ils ont donc naturellement conçu un jus de pastèque bio pressé à froid nommé Aztek. Il nous raconte leur parcours.

À quel moment vous-êtes-vous dit, avec votre associé : « viens, on fait un jus de pastèque » ?

Je connais mon associé Antoine depuis 18 ans, c’est mon meilleur ami. On s’est dit depuis le collège qu’on allait faire quelque chose ensemble. Lui a fait du marketing, moi j’avais fait des études de droit, mais j’ai toujours voulu monter mon entreprise. L’été dernier, il est venu chez moi, il faisait chaud, on était au bord de la piscine et on parlait de ce qu’on voulait créer. Il revenait des États-Unis, où il y a une effervescence autour des jus pressés à froid. La conversation a dévié sur ce sujet et sur la pastèque, notre fruit préféré à tous les deux. C’était l’été, la pastèque c’est le fruit dont tout le monde a envie à ce moment-là. Et là, on a eu un espèce de TILT ! On s’est regardé et on s’est demandé : « eh mais… t’as déjà bu du jus de pastèque ? » On a cherché et on a vu que ça n’existait pas en France, seulement aux USA et en Grande-Bretagne.

 

A partir de là, comment vous êtes-vous lancés dans l’aventure ?

On s’est dit qu’on allait vraiment investir cette piste-là. On a acheté une machine pour presser à froid, des pastèques et on a commencé à faire des tests… Comme on n’en avait jamais goûté, on ne savait même pas si c’était bon ! Et en fait, on a trouvé ça super bon ! On a fait goûter à des amis, on a commencé à faire des études de marché, à regarder quels étaient les chiffres aux USA, en Angleterre… Bref, on a fait toute cette phase de réflexion et c’est de là qu’on s’est dit qu’à priori, ce n’était pas une mauvaise idée donc qu’on pouvait la présenter à des professionnels pour voir s’ils étaient d’accord avec nous.

 

Et visiblement c’était le cas…

On a fait le Startup-Weekend de novembre 2016. En 54h, tout un weekend, des entrepreneurs viennent pitcher un projet qui leur tient à cœur. Une équipe se forme autour de ce projet et on a 54h pour bosser dessus et le présenter à un jury de professionnels qui juge si le projet semble valable et attribue les prix en fonction. On a rencontré quelques personnes, on formait une grosse équipe. Par la suite, on a continué à travailler avec deux de ces personnes-là, les graphistes de l’atelier Ben&Jo. C’est eux qui nous ont fait notre logo. On a aussi  gagné un prix à l’occasion de ce Startup-Weekend. C’était un accompagnement de financement participatif par une plateforme locale qui s’appelle Freelendease. Alors, de là Antoine a quitté son CDI en décembre, il est revenu à Strasbourg et on a commencé à partir de janvier à bosser dessus à temps complet.

 

Depuis le lancement de la marque en février, vous en êtes où ?

Le financement participatif, ça a pris 45 jours. C’est super intense, on voulait récolter 8000€, on a récolté 11 000€, c’était vraiment une réussite. L’argent nous permettait de lancer une production en mai une fois le financement fini. La directrice de Monoprix Strasbourg nous a appelé parce qu’elle avait entendu parler de nous via des articles et elle a souhaité nous rencontrer. Elle nous a proposé 2 jours de vente dans le magasin. Ça a été un succès pendant ces jours de test et elle a fait remonter l’information à ses supérieurs. Ils nous ont appelés 2 semaines après pour discuter… Et le 10 juillet c’était en magasin chez eux. C’est allé super vite ! On a fait des business plans, des modèles etc., mais aucune de nos hypothèses se passait comme ça. C’était super pour nous ! Aujourd’hui, Aztek est distribué dans près de 220 magasins dans toute la France.

 

Le plus gratifiant c’est de voir le produit en magasin et de voir les gens le consommer, c’est un sentiment presque surréaliste !

 

Qu’est-ce qui a poussé vos choix dans la production ?

Comme on voulait aussi garder une production française, on fait presser en Bretagne. On utilise une technologie qui est un peu particulière : la stabilisation à haute pression. On travaille avec eux parce que c’était les seuls en France qui pouvaient nous donner accès à cette technologie. On aurait pu aller en Espagne ou aux Pays-Bas pour des coûts bien moindres mais c’était super important pour nous de rester en France. C’est comme pour le bio : c’est quelque chose sur lequel dès le début on ne voulait pas transiger. S’il n’y avait pas de possibilité de faire du bio, je pense qu’on aurait réfléchi à faire autre chose. Écologiquement parlant, on voulait quelque chose qui soit relativement propre. Là pour l’instant on est sur des bouteilles qui ne nous conviennent pas, mais on fait des tests sur du plastique végétal et biodégradable. C’est sur le point d’être validé donc à priori on devrait pouvoir y passer très prochainement.

 

Quels seraient tes conseils pour un futur entrepreneur ?

Se donner le temps, ne pas se décourager et écouter les conseils des autres. Quand on est amené à monter une société, on est très souvent conseillé, que ça soit par des professionnels, par des amis etc. Faut les écouter ces conseils là, mais SURTOUT ne pas tout prendre. Certains conseils sont bons, et d’autres… moins. Si ces gens ne sont pas dans votre domaine, ils ne sont pas au fait de toutes les contraintes. Il faut vraiment arriver à faire le tri. Je pense aussi qu’il ne faut pas compter ses heures et si on a une vie de famille, il vaut mieux en parler en amont avec la personne qui partage sa vie. Il faut lui dire que ça va être compliqué sur les premiers mois … voire les premières années. C’est vraiment très prenant ! À partir du moment où on commence une aventure entrepreneuriale, ce n’est pas que ça déteint sur sa vie, mais c’est tout le temps dans un coin de la tête. Il y a toujours quelque chose qui vous ramène à ça et du coup faut vraiment en être conscient en se lançant.

Découvre l’interview vidéo d’Alexis 👇